Au sein du Petit Théâtre de Bouvard, très vite une
grande complicité nous a liées Michèle Bernier, Isabelle
de Botton et moi. Nous avions en commun la même envie de faire rire.

On était sur la même longueur d'ondes et l'on s'entendait
bien. C'est à la faveur de nos retrouvailles scéniques lors
de
C'est ce soir ou jamais, et pour répondre à la
demande d'une productrice qui voulait exporter
Mimie en quête
d'hauteur à la Réunion et en Guadeloupe, que j'ai suggéré
d'écrire un spectacle à trois.
On s'est mises au travail. Nous assurions seules la mise en scène.
C'est alors qu'on nous a proposé de jouer une semaine à
Clermont-Ferrand dans un café-théâtre. C'était
le moyen de rôder discrètement notre spectacle et d'en mesurer
l'impact sur le public. Nous sommes parties là-bas et nous avons
modifié un certain nombre d'éléments qui fonctionnaient
mal.
Succès. C'est ainsi qu'est né
"Existe en trois tailles".
En mai 1988, nous sommes parties, avec l'organisatrice de la tournée
et notre régisseur, pour la Réunion et l'île Maurice.
Ce fut un triomphe. Au retour, nous avons ressenti le besoin de travailler
avec un metteur en scène. Nous avons pris contact avec Patrick
Timsit. Après une lecture, il a accepté. Le succès
a été tel que nous avons dû donner deux représentations
supplémentaires à Lyon. Alain Mallet, qui nous avait vues,
nous a proposé le théâtre Edgar à Paris pour
le mois de novembre 88. Ce fut un gros succès. 390 représentations
quasiment à guichet fermé.
Les Filles avaient envie de grandir.
"Existe en trois tailles"
est une succession de sketches. Nous voulions nous essayer à la
continuité et tenter l'écriture d'une pièce.
Huit mois d'écriture, de doutes, de remises en chantier. Nous
avons planché sur différents sujets. Et puis, un jour,
les choses se sont mises en places. Trois premiers rôles ce n'est
pas évident. L'attention du spectateur doit être maintenue
jusqu'au dénouement final. Nous avions besoin d'un metteur en
scène. Patrick Timsit n'était pas libre. Nous avons pris
contact avec Éric Civanyan. Très bon acteur, passionné
de mise en scène, il a lu notre travail, nous a téléphoné
: " J'ai une idée. " Nous avons immédiatement
commencé à travailler. D'idées en écriture,
de mise en scène en éléments de décors,
de répétitions en filage, de volonté en acharnement,
un jour on se sent prêt. C'est dans un décor représentant
un garage désaffecté, que "Le Gros N'avion" est
né !
La première a eu lieu le 21 janvier 1991 au théâtre
de la Michodière. Le spectacle a été très
bien accueilli, nous avons eu de bonnes critiques et le public était
content. Sans lassitude, nous avons joué 200 fois Le Gros
N'avion, jusqu'en juin 1992.
Avec Les Filles, nous étions dans une période transitoire.
Cela faisait cinq ans que nous travaillions ensemble. Nous n'avions
plus les mêmes envies de spectacles.. Nous avions rencontré
au festival de Cannes en mai 92 Yves Mourousi à qui on avait
proposé une idée d'émission.
La semaine suivante à Paris, nous signions un contrat d'un an
avec RMC, pour une émission quotidienne d'actualité revue
et corrigée, diffusée en direct de 17 à 18 h
"Y a que les filles qui m'intéressent". Yves Mourousi était
fabuleux. Il ne nous donnait aucune directive, seulement des indications.
Il a mis un studio à notre disposition pour nous aider à
trouver notre style, faire des maquettes et nous entraîner. Nous
devions réaliser 25 minutes d'animation entres les pubs et les
chansons sans invité. Nous nous sommes réparti les rubriques.
Nous lisions toute la presse à partir de 11 h, tous les matins
cinq jours sur sept. Je tenais une rubrique cinéma,je testais
les offres en tout genre du style " perdez 20 kilos en trois jours... ".
Isabelle plus intello s'occupait de littérature et de sujets
divers. Quant à Michèle, elle était la "déconneuse"
de service. Nous nous sommes bien amusées jusqu'en juin 1993
et nous allons bientôt nous retrouver puisque en 2004 nous tournerons
1 téléfilm pour TF1