théâtre

Jean-Claude Martin m'a dit un jour : " Si tu écris un one-woman show, je te mets en scène et je te produis.
Aidée à l'écriture par un copain de l'Atelier, Didier Biosca, j'ai sauté le pas. Lorsque l'écriture a été terminée, nous avons appelé Jean-Claude Martin pour lui montrer. Selon lui, nous étions sur la bonne voie. Il a ajouté " C'est bien, continuez, je prends des contacts avec le café-théâtre".
Le 27 octobre 1982, nous avons démarré "Elle voit des géants partout" au Point-Virgule. Frédérique, ma petite sœur, avait passé la journée avec moi. J'étais incapable de faire quoi que ce soit. La salle d'une centaine de places était à peu prés pleine d'amis, de famille, de soutiens qui tous attendaient mon spectacle. Le dernier de la soirée, à 22H30 ! J'avais vingt-sept payants le soir de la première, ce qui est formidable. J'ai vécu ma première expérience de trouille intense. Tout s'est bien passé, avec les défauts d'une première. Le spectacle a démarré doucement. Grâce à ma présence dans Le Petit Théâtre de Bouvard, qui nous faisait de la publicité, nous avons joué Elle voit des géants partout jusqu'à la fin du mois de mai 83.

En novembre 1985 avec mes quelques économies, celles de mes parents et celles d’un industriel pour qui j’avais tourné une pub, de John Persenda, qui ne connaissait rien à la production mais qui voulait se lancer, nous sommes repartis, Didier Biosca mon coauteur, Jean-Claude Martin et moi, sur l'écriture d'un nouveau show. Comme je ne voulais pas être seule en scène, nous avons créé deux personnages qui gravitaient autour de moi. Gaby Bonacini, une copine de l'Atelier, a accepté le rôle féminin. Restait à trouver l'homme. Je me suis retrouvée à faire passer des auditions et j'ai découvert le rôle masculin. Avec son mètre quatre-vingt-cinq, il était mon total opposé. "Mimie en quête d'hauteur" a démarré en novembre 1985, dans une très jolie mise en scène de Jean-Claude Martin. Ce ne fut pas un grand succès commercial, mais une belle réussite sur le plan humain. Un soir, j'ai vu débarqué un monsieur dans ma loge : " Bonsoir, je suis Jean-Claude Camus. Je viens de voir votre spectacle que j'ai adoré. Faites-vous une tournée ? J'aimerais que l'on se rencontre pour en parler. "
Pendant qu'il parlait, je me disais : Jean-Claude Camus, Le producteur de Hallyday, de Sardou, de Bachelet de Michael Jackson.
On a attendu le " Gros n’avion " pour commencer à travailler ensemble.

Après la représentation de Mimie en quête d'hauteur à Montréal Canada pour le festival Juste pour rire, j'ai vécu une période relativement calme. Puis Michèle Bernier et Bruno Gaccio m'ont proposé un rôle dans " C'est ce soir ou jamais "( 1er avril-30 juin 1987), une pièce à trois personnages que j'avais beaucoup aimée et qu'ils avaient l'opportunité de reprendre.

Mimie au Splendid (1994)
C’était la troisième fois que je me retrouvais seule sur scène. Je m’étais beaucoup amusée pendant cinq ans avec le trio des Filles. J’ai eu envie de me refaire peur, de voir si j’étais capable d’accrocher le public: dans un one-woman show, tu es seule dans l’arène, si tu as une faiblesse, personne ne peut te rattraper. En même temps, c’est un vrai rendez-vous amoureux, un premier dîner en tête à tête qui se reproduit tous les soir. On m'avait proposé de jouer dans des grandes salles, mais j’ai refusé. Pour moi, le Splendid, c’est l’Olympia des comédiens : je préférais jouer dans une petite salle de 400 places, où il y ait une âme.
J’ai eu la chance d’écrire ce spectacle avec Pierre Palmade. Après m’avoir souvent croisée sur des plateaux de télé ou à des premières, il m’a dit qu’il aimerait bien écrire un spectacle avec moi. On a travaillé pendant six mois, à notre rythme: ça a vraiment été un travail à quatre mains. J’aime beaucoup l’humour de Pierre, ni agressif, ni vulgaire. Ce spectacle est un melting-pot de trente-sept années de vie. Je me sers de ce que j’ai à l’intérieur: mes tripes, mes coups de gueule et de tendresse, le tout dans le rire. Les thèmes ? La maternité, les relations avec les mecs, les enfants, les tests féminins... Pierre est entré dans mon univers, moi dans le sien et le mélange des deux a donné un bébé dont je suis très fière.
   Mimie au Splendid

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